Alumni : portrait de Jean François CALARNOU

Découvrez le témoignage de Jean-François CALARNOU, Major de la toute première promotion sortante de Brest Business School en 1965.

Merci à lui pour ce récit de souvenirs sur la première promotion de Brest Business School, de 1962 à 1965, qui aura marqué l’histoire de l’école.

PROMOTION 1965

Les effectifs : 17 étudiants dont une fille

1962 : naissance de l’École Supérieur de Commerce

En 1962, l’École Supérieure de Commerce de Brest était totalement inconnue des brestois, du grand public et de la communauté des Écoles de Commerce. Le Directeur Mr Gravot était un professeur de philosophie et quand même connu, car il avait été candidat au poste de maire de Brest. Mais nous estimions qu’il y avait un déficit de notoriété. Aussi la première promotion a décidé d’agir pour la faire connaître et  avons  constitué une association des élèves dont le président était Jean LOPIN. (Pour tous les membres de cette première promotion, il est toujours resté notre président jusqu’à son décès).

Dans le domaine des Écoles de Commerce, dès la première année,  2 étudiants, dont le président,  se sont déplacés au congrès de l’AIESEC (Association Internationale des Etudiants en Sciences Economiques) qui se déroulait à Marseille pour faire adhérer notre association des élèves. L’adhésion n’a pas été évidente, les participants ne voulant pas reconnaitre notre école du fait de son manque d’ancienneté évident. Mais à force de persuasion, ils ont obtenu notre adhésion dès la première année.

Dans le domaine du public brestois, dès la première année, nous avons conçu, réalisé et diffusé une revue « Mercure »,  deux fois par an. Cette revue était entièrement financée par la collecte de publicité auprès des commerçants et des industriels et distribuée dans les commerces et les institutions publiques ou privées (Mairie, CCI, Etablissement scolaires, etc…). On parlait de l’école et les étudiants rédigeaient des articles sur l’économie ou sur leurs stages à l’étranger.

La Boum Sup de Co

Pour pouvoir se comparer aux autres écoles et en particulier avec l’école d’ingénieurs qui était déjà en place,  nous avons organisé une soirée dansante de prestige, dès le mois de mars, la Boum Sup de Co. Nous avons couvert d’affiches les rues de Brest en trois épisodes espacés d’une semaine. Des affichettes rouges  avec les 3 versions « 03 ? » « 03-03 ? » « 03 mars Boum Sup de Co » et des affiches rouges dans les facultés de lettres et scientifiques, l’école d’ingénieurs, les autres écoles et les commerces. Nous avions organisé cette soirée dans la boite de l’Hotel Continental « La Soute ». Cette soirée était animée par un orchestre parisien « Billy Nash » que personne ne connaissait sauf un de nos étudiants qui venait de la région parisienne. Son coût nous a paru exorbitant (10 000 Francs soit 34 fois le SMIC mensuel). J’ai été chargé de rencontrer les membres de la CCI pour leur expliquer la raison de cette organisation (la notoriété) et surtout pour obtenir l’engagement que, si l’opération se révélait déficitaire, ce déficit serait pris en charge par la CCI. Accord obtenu, opération réalisée, excédent dégagé.

Nous avons reconduit cette manifestation chaque année, à peu près au même mois, avec des orchestres réputés de l’époque : Marc Laferrière et Claude Luther, le grand clarinettiste. Et nous avons toujours dégagé un excédent.

« Nous avons monté une équipe de football et de handball »

Dans le domaine universitaire, nous voulions être présents dans le sport. Dans le cadre de notre emploi du temps, nous avions deux heures de cours de sport et avec le professeur de sport, nous avons monté une équipe de football et de handball et nous avons organisé des matches amicaux avec les autres équipes scolaires et universitaires. L’année suivante nous avons participé à la compétition universitaire en football. Il faut dire que parmi les étudiants, nous avions un joueur titulaire de l’équipe première du Stade Brestois, Alain MALLEJAC, arrière gauche de l’équipe qui jouait, à cette époque, dans la catégorie amateur, juste en dessous de la seconde division professionnelle. On n’encaissait pas de but grâce à lui et on arrivait quand même, à en marquer quelque fois. D’ailleurs dans le premier match, Guy DELAPORTE, ayant marqué un but de la tête, a été surnommé « tête d’or ». Comme on manquait de fonds pour les équipements, on avait choisi de s’habiller tout en blanc (short et maillot) et on disait surtout qu’on était comme le Réal de Madrid qui était également tout en blanc et trustait les coupes d’Europe à cette époque.

Notre professeur de sport a aussi créé un club de sport pour la population universitaire naissante, le Brest Université Club (BUC) sans doute en comparaison avec le PUC (Paris Université Club). Jouant déjà dans deux autres clubs, Jean françois CALARNOU et Marcel LE BERRE  ont fait partie de la première équipe du BUC, une équipe de basket.

On faisait donc feu de tout bois pour faire connaitre l’école.

Jean François CALARNOU : Lauréat européen !

Au cours de la deuxième année, le directeur a demandé au premier de la classe, Jean françois CALARNOU, de bien vouloir participer à un concours organisé par la fédération française des ingénieurs conseils, à l’attention de toutes les écoles de commerce de France. Il s’agissait de rédiger un document d’une centaine de pages sur un des deux thèmes au choix : « L’élargissement du Marché Commun » ou « Les conséquences de la canalisation de la Moselle ».

Je trouvais le premier sujet un peu « bateau », j’ai donc choisi le second « les conséquences de la canalisation de la Moselle ». Au cours des vacances entre la deuxième et troisième année, j’ai fait des recherches approfondies aussi bien du côté français que du côté allemand (comme j’avais maintenu l’étude de l’allemand). J’ai rédigé mes cent pages et elles ont été tapées par la secrétaire de direction madame Séteau sur des pages stencil afin de pouvoir reproduire le texte en 10 exemplaires.

 

J’ai remporté le premier prix devant un étudiant de Sup de Co Paris qui avait d’ailleurs choisi le deuxième sujet. La remise de prix a été faite à Paris, dans les locaux de l’Hotel de Ville, un déjeuner à la maison de la Suède et un cocktail en soirée à la terrasse Martini sur les Champs Elysées en présence de la chanteuse Annie Cordy. Le prix était constitué par  un prix en espèces de 5 000 Francs (le SMIC mensuel était de l’ordre de 300 Francs) et un voyage de trois semaines, que l’ai choisi en Israël dans un village Club à ASKELON, all inclusive et toutes excursions comprises. J’ai ainsi parcouru le désert du Néguev et la mer morte en Command Car avec un fusil mitrailleur dans le véhicule et visité Jérusalem alors coupée en deux, la frontière étant délimité par des sacs de sable et de nids de mitrailleuses, sans oublier Nazareth et Saint Jean d’Acre avec le souvenir des croisés.

Ce fut génial pour moi, ce fut intéressant pour la réputation de l’école  et les articles dans la presse.

Je quittais l’école, en étant le major de la promotion, pour effectuer mon service militaire de 18 mois avant de m’engager dans la vie professionnelle. Les rescapés de cette promotion se réunissent tous les ans sur 3 ou 4 jours depuis l’an 2000. Nous faisons ainsi le tour de France dans les lieux où chacun réside car on organise cette manifestation à tour de rôle  et on est toujours aussi copains et l’unique fille de la promotion, Yvette LE JEUNE devenue GUICHOUX, nous accompagne toujours.

Jean François CALARNOU

   

  

57
années d'existence
20
doubles diplômes
125
Apprentis
25
professeurs permanents
96%
DES DIPLOMÉS de Brest Business School